EQUAL PAY DAY ® 2016 31 mars 2016

Parce qu'on ne peut pas tout faire avec une paire de lunette...

 

CAUSE 1 : LA NON-MIXITE DES METIERS

Comme CENDRILLON, (femme de ménage ou rien), on restreint parfois trop les choix des femmes en terme de métier, et les stéréotypes sont ici les premiers coupables. Les postes de service précaires, par exemple, sont souvent très féminins et il est important de revaloriser ces filières.
Les métiers dits « d’homme » paient mieux que les métiers dits «de femme », or seuls 17% des métiers en France sont jugés mixtes (avec entre 40 et 60% des deux genres), et les métiers féminins sont sous-valorisés.
Un gardien de zoo est souvent mieux payé qu’une gardienne d’enfant.

C'est aussi parce que les attributs valorisés sont liés à des tâches plus traditionnellement masculines. On va valoriser la pénibilité physique d'un travail de BTP, mais pas la pénibilité psychologique des personnels soignants souvent féminins. On valorise la responsabilité verticale hiérarchique ( les chefs sont souvent des hommes) , pas la responsabilité horizontale comme celle d'une infirmière chargée de 20 lits...

Le Défenseur des droits publie « Guide pour une évaluation non-discriminante des emplois à prédominance féminine ».
à télécharger sur defenseurdesdroits.fr

ZOOM CAUSE 3 : LE PLAFOND DE VERRE

Comme BLANCHE NEIGE, les femmes qui deviennent directrices se retrouvent vites entourées essentiellement d'hommes, plutôt grisonnants...

Hommes et femmes ont souvent des niveaux de postes différents : il y a plus d’hommes hauts gradés, c'est un fait.
C’est parce que les femmes n’ont pas facilement accès aux postes de direction : c’est le fameux plafond de verre, fait de stéréotypes et réticences plus ou moins inconscientes, il reste une réalité en France où les femmes ne font qu'entre 7% et 10 % des comités de direction (observatoire SKEMA 2015) alors qu'elles font 30% des cadres.

Pour faire face à un monde changeant, les recettes et réflexes d'hier ne valent plus. Et les femmes apportent une diversité de mode de fonctionnement qui permet de trouver de nouvelles solutions.
Pour tout le bien que font les femmes en haut de l'échelle, voir l'excellente étude de McKinsey Women Matter , ou de Crédit Suisse, Crédit Suisse 3000.

CAUSE 2: LE TEMPS PARTIEL, PARFOIS SUBI.

Comme Aurora dans la BELLE AU BOIS DORMANT, les femmes sont parfois obligées de prendre un Time-out. De s'arrêter de travailler, ou de passer à temps partiel, pour raisons familiales.8 travailleurs à temps partiel sur 10 sont des femmes (INSEE) , mais beaucoup souhaiteraient, si elles le pouvaient travailler plus.

L'activité des femmes chute en effet fortement en France avec l'arrivée du 3e enfant. Avec les allocations et le quotient familial, et une bonne dose d'habitude, on fini vite par se convaincre que "c'est mieux de rester à la maison". Pour peu que Monsieur soit en phase de promotion dans sa carrière (le troisième enfant arrivant souvent maintenant vers les 35-38 ans...), le choix est souvent fait de laisser la carrière de Madame de côté.
Quand l'heure vient de prendre soin de parents âgés, c'est aussi souvent la fille aînée qui est "plus naturellement" regardée. Ces choix sont certes souvent faits par les femmes elles-même, mais ils naissent de contraintes qui sont des contraintes de famille, auquel le couple devrait pouvoir faire face à deux. Mais qui connait un homme qui, après 10 ans de carrière passe au 3/5 ou prend un break ? Impensable.

ZOOM CAUSE 4 : LE BIAIS INCONSCIENT EN FAVEUR DES HOMMES
Comme MULAN, les femmes ont beau avoir les mêmes qualités, capacités, parcours, elles restent sous-valorisées.

Il reste des biais inconscients en faveur des hommes : à même poste, même secteur, même diplôme et même ancienneté, il reste 9% d’écart injustifié. C’est plus qu’un mois entier de salaire.

Cet écart injustifié monte à 19% chez les cadres, où les bonus «discrétionnaires» permettent des différences de traitement sans justification objective