Placer l'égalité F/H au cœur de la réforme de l'apprentissage 16 févr. 2018

Placer l’égalité femmes-hommes au cœur de la réforme de l’apprentissage…


Au regard de l’égalité femmes-hommes, la population des personnes en apprentissage présente de nombreux déséquilibres. D’une part les femmes ne constituent qu’un tiers du total des apprenti.e.s. D’autre part, elles sont cantonnées à des secteurs perçus comme « féminins », très peu porteurs de contrats d’apprentissage. Ainsi, elles représentent 94% des filières du service mais 7,7% des métiers de la production.

Face à un tel déséquilibre, le Laboratoire de l’Egalité appelle le Gouvernement à placer l’égalité femmes-hommes au cœur de la réforme de l’apprentissage. L’association considère nécessaire de mieux valoriser les filières majoritairement investies par des filles, d’améliorer les conditions d’accueil des garçons et des filles dans les Centres de Formation pour Adultes (CFA) et les entreprises, et d’inciter les branches professionnelles à favoriser la mixité par la mobilité et la reconversion professionnelle.


… et de la formation professionnelle


Le même type de déséquilibre touche la formation professionnelle. En moyenne, les femmes peuvent espérer bénéficier de 12 heures de formation par an, contre 20 heures pour les hommes. De même, lorsque les femmes cadres bénéficient en moyenne de 26 heures de formation, les ouvrières en obtiennent 6. Par ailleurs, la présence d’enfants de moins de 6 ans au sein de la cellule familiale, entraîne une réduction de 30% du temps consacré par les femmes à la formation, alors qu’elle est sans effet pour les hommes. Enfin, la formation débouche moins souvent sur une qualification pour les femmes que pour les hommes. Ces inégalités résultent pour beaucoup du fait que les femmes assurent encore majoritairement les responsabilités familiales et les charges domestiques, leur disponibilité pour accéder à une formation s’en trouvant réduite.

Face à ces inégalités, le Laboratoire de l’égalité appelle également le Gouvernement à placer l’égalité femmes-hommes au cœur de la réforme de la formation professionnelle. Il est nécessaire de former plus systématiquement les professionnel.le.s des ressources humaines et les managers aux inégalités femmes-hommes afin que les biais de sexe n’impactent plus les processus RH et de management, notamment  lorsqu’il s’agit de la formation des salarié.e.s. Il convient aussi d’inciter les organismes gestionnaires de formations (Organismes paritaires collecteurs agréés, Pôle Emploi, organismes formateurs…) à prendre en compte les questions d’égalité et de mixité dans leur mission : veiller à équilibrer les offres, pousser à la mixité des métiers, adapter l’offre de formation et compenser les contraintes liées aux responsabilités domestiques et familiales ou à l’éloignement géographique, qui pèsent encore davantage sur les femmes.

Valoriser le potentiel des femmes en réduisant l’écart de taux d’activité entre les femmes et les hommes

L'Organisation de coopération et de développement économiques affirme qu'une réduction de moitié de l'écart de taux d'activité entre les femmes et les hommes entrainerait une hausse du Produit Intérieur Brut d'environ 6% d'ici 2030. Pour accroitre sa compétitivité et gagner "la bataille de la compétence et des talents", la France doit renforcer ses investissements et adapter ses dispositifs d’apprentissage et de formation professionnelle de manière à mieux valoriser le potentiel des femmes qui constituent désormais quasiment la moitié du marché du travail.

Ces arguments économiques, rejoignent, ce n'est pas toujours le cas, les impératifs de justice et d'équité au fondement de l'égalité.

Le Laboratoire de l’égalité rassemble 1300 femmes et hommes qui partagent une culture commune de l’égalité. Tous et toutes, quelle que soit leur sensibilité politique, sont déterminé.e.s à mobiliser des moyens pour obtenir une mise en œuvre effective de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les membres proviennent de milieux professionnels très différents : associations, entreprises, réseaux de femmes, fonction publique, syndicats, monde politique, recherche, médias, blogosphère...