4ème forum international ONG en partenariat officiel avec l'UNESCO 21 juil. 2015

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BPW-4e forum international des ONG en partenariat officiel avec l’UNESCO sur le « rôle des femmes dans la lutte contre la pauvreté »29-30 Juin 2015, Paris, Place Fontenoy, Siège de l’UNESCO.

Le forum dont BPW International était partie prenante dans la coordination et l’organisation, en la personne de notre déléguée titulaire auprès de l’Unesco, Marie-Claude Machon-Honoré, s’est déroulé les 29 et 30 juin au siège, place Fontenoy, à Paris.

Il a rassemblé 279 participants dont les représentants des Etats-membres et ONG venus du monde entier pour débattre du rôle des femmes dans la lutte contre la pauvreté. Après les discours officiels introductifs de M Eric Falt, Représentant de la Directrice Générale et Sous-Directeur Général pour les relations extérieures et l’information du public, à l’UNESCO et de Mme Martine Levy, présidente du Comité de liaison et ceux des deux coordinatrices, le film de Frédérique Bedos, Des femmes et des hommes, a donné le ton du forum qui se voulait dynamique, inventif et représentatif de la situation des femmes dans le monde tout comme le discours introductif et réaliste de Mme Gloria Ramirez sur « les femmes, victimes de la pauvreté et actrices du changement ». Les interventions de représentant(e)s d’ONG et de l’Unesco se sont succédé  lors de séances thématiques et tables rondes,  agrémentées de photos et séquences courtes de films ainsi que  des témoignages d’actions sur le terrain par les ONG. La pauvreté est une violation des droits de l’Homme, comme l’a dit le représentant d’ATD ¼ Monde, en rappelant les  principes directeurs de l’extrême pauvreté et présentant le guide à l’usage des personnes en situation de pauvreté  pour rendre effectifs leurs droits, en clôture de la première journée.

La pauvreté est multidimensionnelle et féminine. Certes, les femmes sont les premières victimes de la pauvreté  mais ce forum  a été l’occasion pour les ONG de partager leurs bonnes pratiques et de démontrer que les femmes font preuve d’inventivité face à la pauvreté et  qu’elles peuvent devenir les actrices du changement à condition que les discriminations dont elles souffrent, parce que femmes, dans les domaines de l’éducation, la violence, l’économie et dans la société en général, soient reconnues et éliminées. Après avoir fait l’état des lieux de la pauvreté qui affecte les femmes de façon disproportionnée, le forum a voulu être une vitrine positive des actions innovantes des femmes en matière de la lutte contre les différentes formes de  pauvreté et montrer qu’ « elles sont sources et ressources » selon les termes employés par M Falt dans son  allocution d’ouverture.

Nos deux vice- présidentes internationales étaient présentes ainsi que notre représentante  pour la FAO, une représentante BPW  à Genève, notre vice-présidente BPW France et la présidente de BPW-Nice Intercontinental.  Adenike Osadolor, coordinatrice  régionale BPW Afrique  a été la première intervenante  du forum, sur  le rôle clé de l’éducation dans la lutte contre la pauvreté et la prévention des mariages précoces. La table ronde sur la contribution et l’autonomisation des femmes dans l’économie était modérée par Amany Asfour qui intervenait au titre de Présidente de l’African Alliance for Women Empowerment, démontrant que l’accès aux moyens de production pour les femmes est capital. Après l’intervention de la coordinatrice d’Adéquations sur « l’autonomisation des femmes, condition nécessaire pour le développement durable »,  Sepi Roshan, journaliste et fondatrice d’Astute Radio, et membre BW Young UK,  a animé la dernière table ronde sur le thème « Redynamiser la lutte contre la pauvreté », pour échanger sur l’importance du rôle de la recherche, les TIC et les médias pour l’inclusion des femmes dans la société pour un développement durable.

Le film sur le projet « Solar power » en Afrique, de Ketlin Tackman, membre BPW Young Finlande, a été visionné en ouverture de la 2e journée comme action concrète à proposer pour lutter contre la pauvreté et permettre l’éducation et l’autonomisation des filles ; Khristine Bernabeu (membre BPW Chartres)  a pu prendre la parole donnée aux ONG au nom de son association HERA, pour parler du rôle avéré des femmes, dans le domaine de l’eau en Chine.

La qualité et la diversité des interventions à la fois dans les contenus et les approches mais aussi leur complémentarité ont fait de ce forum, un succès, auquel le comité de préparation a décidé de donner suite sous une forme à définir.

La conclusion est que sans une approche multisectorielle et holistique, sans la synergie de partenariats multiples, sans la prise en compte des droits humains, de l’égalité femmes et hommes, et sans la contribution des hommes dans ce combat des femmes, la lutte des femmes contre la pauvreté restera vaine.

 Marie-Claude Machon-Honoré (Déléguée permanente BPW International auprès de l’UNESCO)

 

Discours de clôture de Marie-Claude Machon-Honoré-30 juin 2015

 

Je tenais d’abord à remercier les oratrices et les orateurs, les modératrices et les participant(e)s mais aussi les ONG qui ont travaillé à la préparation de ce forum et en ont fait un succès.

Mon discours est construit à partir des paroles  et recommandations notées au fil de ces deux journées.

La pauvreté est multidimensionnelle et féminine. La misère est une violation des droits de l’Homme.

L’éducation est un facteur clé dans la lutte contre la pauvreté, comme nous l’avons vu dans le cas de la prévention des mariages précoces ;  les filles et les femmes doivent avoir accès à une éducation de qualité et à la science, aux nouvelles technologies du numérique, à la santé et aux droits ; Il faut aussi éduquer les hommes à la paternité et les responsabiliser ; on a entendu l’exemple des hommes qui abandonnaient la mère une fois qu’elle avait eu des enfants ; il faut aussi responsabiliser les hommes clients des prostituées et c’est ce vers quoi on tend.

L’éducation n’est pas suffisante car les recherches ont prouvé que même si dans certaines régions comme dans les Caraïbes, les femmes sont majoritaires à l’université, comme en Jamaïque où elles représentent presque 80% des étudiants, le niveau d’études ne se traduit pas dans la vie professionnelle et économique mais moins une femme est éduquée et plus elle est vulnérable et susceptible d’être victime de violence (trafic de personnes, prostitution, exploitation etc.).

La prostitution est la seule violence qui soit source de profit ; la prostitution est un système qui s’enrichit de la pauvreté.

Les femmes sont majoritaires dans l’économie informelle et au plus bas de l’échelle ; on les trouve comme vendeuses de rues et le micro crédit  permet à de nombreuses femmes de sortir de la pauvreté mais seules 11% des personnes qui en  bénéficient, voient leur revenus s’accroître durablement. Il faut donc aller plus loin dans la formation, l’autonomisation  et la promotion de l’accès des femmes à l’entreprenariat et aux marchés publics.

La femme  a un rôle essentiel dans l’environnement, la santé et dans la transition écologique et la prise en compte de la dimension du genre est un prérequis pour le développement durable.

Les médias  jouent un rôle important dans la persistance des stéréotypes sexistes et la communication est un enjeu de la lutte contre les inégalités femmes hommes.

Les hommes sont encore trop absents dans ce combat et nous remercions ceux présents (à qui j’ai demandé de lever la main et de se compter) aujourd’hui à ce forum car sans votre soutien, nous ne pourrons venir à bout de la pauvreté.

Le document final pour l’agenda des Nations Unies de l’après 2015 devra avoir en préambule l’égalité hommes/femmes comme élément nécessaire à tout progrès et programme.

Enfin, seule une approche holistique de la pauvreté ainsi que des partenariats multiples entre les organisations internationales, le secteur privé et public, la société civile et les ONG pourront faire que ce combat soit efficient.